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… Je n’arrive pas vraiment à t’en parler.
Disons que ça se bouscule un peu beaucoup, et que du coup tu vas probablement pas comprendre grand chose…
(« Comme d’habitude » que j’entends depuis le Canada. Ben oui, comme d’habitude. A ceci près que je ne risque pas de comprendre non plus, et alors là, on ne sera pas sorti du sable, tu vois?)
Depuis une petite année, un tourbillon d’émotions, des bonnes et des moins bonnes, et hop. Ton petit Beanou perd un peu de sa répartie.
(C’est moche tu sais. Bean sans répartie, c’est un peu comme un anniversaire sans coup de fil de l’italie, ou alors un voyage à Amsterdam sans champignons ou encore Lille sans soleil en plein hiver. TRES TRES MOCHE.)
Bien.
T’en veux quand même, de la nouvelle, comme je te vois là.
Pas plus tard qu’hier, étant sorti d’un rendez-vous HYPER IMPORTANT pour je-ne-te-dirai-pas-quoi, mes compatriotes et moi-même décidions d’entrer dans un café afin de nous réchauffer (nous avons perdu 10 degrés récemment, et aussi un peu la boule).
(J’en profite pour ouvrir la parenthèse, j’ai une légère roussitude au niveau de l’épaule gauche, suite au soleil qu’a sorti sa mouille UNE JOURNÉE. J’ai mis des tongs. OUAIS. Mais je crois que je l’ai perdu dans la nuit. La couleur.)
Nous étions 4, donc, assis, à debriefer de ce fameux rendez-vous, lorsque le mec chancelant accoudé au bar se met à pousser des cris et des rires nerveux.
Il faisait semblant de ponctuer les phrases d’une amie et de rebondir sur des termes qu’elle employait.
« On peut vous aider? » que je lui lance un peu agacée, « vous voulez ptet vous assoir entre nous pour écouter ce qu’on dit non? ».
« Pfff, rhhhaaaahahahaha » qu’il me répond.
(Ouais là, j’interloque un peu quand même) (y’en a des zinzins tu sais).
Donc le gars boude dans son coin, nous on continue notre conversation, et 5 minutes plus tard, il s’installe à ma droite (moi je suis tournée vers la gauche) et j’entends tout timide « tu t’appeeeelles commeeeent? »
« Qué??!? » que j’y fais, « Bean » et toi?..
Bon je ne te le fais pas en entier, mais il est donc 16h50, il est bourré au point que le patron du bar ne veut plus lui servir de bière, et me parle pendant une heure.
Moi je l’écoute, je suis une très bonne oreille.
Au final, je lui demande s’il aurait pas eu un chagrin d’amour, parce que pour être dans un état pareil, ça me paraissait évident.
« - Bean, t’es… t’es super, tu sais moi je t’aime. Quoi? Je peux pas dire que je t’aime, je sens que t’es une fille bien, tu peux faire ce que tu veux dans la vie. Ça se voit que ton cœur il est tout plein. Tu fais cque tu veux. Pfff. L’amour c’est quoi? Où tu places l’amour dans la vie? A quel niveau? Quand tu vois un gens bien il faut lui dire, c’est pas la peine PFFFF c’est pas la peine de le garder, les autres c’est des cons et pis c’est tout. »
« - Ah ouais? »
Là je reçois un sms, que je consulte, et j’ai droit à un « PFFF connasse ».
Alors je lui ai crié dessus fort, au final il m’a dit de pas m’énerver, que j’étais chouette.
Il est parti aux toilettes et je me suis sauvée.
(J’habite dans un coin assez sauvage).
Grou