mai

10

By Bean

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Ma confession du Chatroulette. (Pan).

Tu sais, l’Internet, il y a quelques mois, a déboulé sur le twitter et le facebook une information qui parlait d’un site d’un genre nouveau dans les réseaux sociaux (cas sociaux, pour la plupart, d’ailleurs). Le réseau de l’aventure. Le réseau de l’amour. Le réseau, le réseau du hasard.

Chatroulette.

Oh, MON DIEU, CHATROULETTE.

J’avais bien fait attention à ne pas aller faire un tour sur le chatroulette, parce que tout le internet mondial disait qu’il s’y passait des choses pas très catholiques, tu sais.

Et donc, propre sur moi et la curiosité au fusil, je décide quand même, que d’un point de vue technique, je ne peux pas ne pas y faire un tour (ne serait-ce que pour voir comment c’est construit) (oui oui) (hé bien figure toi que l’environnement (en plus du contenu, je veux dire) est plutôt précaire).

Je me suis fixée, en un dimanche après midi un peu pluvieux, un « crédit » d’environ 100 connexions. C’est plus fastoche pour faire du pourcentage.

On commence la série de jeu, qui a pour principe en vrai de lancer des connexions, au hasard, ce qui fait qu’on peut parler des élevages d’éléphants avec des gens de l’Asie (enfin, autant qu’on puisse atterrir à Tourcoing, quoi).

Et bien je te raconte pas combien tu dois te lever tôt pour tomber sur un gens qui parle, déjà.

Parce que, doux Jésus, il y a un nombre fous de monstres qui montrent leur nouille (et qui tirent dessus). « C’est moche et ça doit faire mal », j’ai hurlé plusieurs fois, mi-affolée, mi-interdite.

Mais, je n’ai pas fait ma bégueule (tu me connais) et j’ai persisté, malgré les embûches de ces salauds de Russes. (Parce que Chatroulette, c’est fait par un Russe, me semble). J’avais pour ambition de te sortir des chiffres (on voit tout dans les chiffres).

Alors que je devais faire une centaine connexions, j’en ai tenu 57.

57.

CINQUANTE SEPT.

Et j’ai brûlé mon petit calepin avec mes petits bâtons, de rage.

Alors en fait je vais te donner des chiffres, relativement bidons, inspirés de cette fameuse journée. Ça restera du domaine du pif, quoi.

On va dire qu’il y a environ 70 % d’hommes.

(Entre temps, les 30 % de filles se déconnectent hein) (puisque moi je suis une fille) (c’est rien que des coquines, tu devrais y faire un tour tiens).

Sur ces hommes, 90 % ont braqué leur caméra sur leur sexe et rigolent bien avec.

Oh, je me demande si je n’abuserais pas un peu avec mes chiffres là. On va dire 87 %. 87 % des hommes braquent leur caméra sur leur sexe et se masturbent joyeusement.

Reste 13 %.

9 % sont habillés, et se demandent un peu quelle est la température de l’autre côté (j’abuse un peu, ils n’ont pas confiance en eux, et c’est très facile alors d’en faire de la chair à paté, pour le peu que tu sois de mauvaise humeur, hum). Ou alors ils te disent clairement qu’ils sont open soit pour batifoler, soit pour parler.

Et donc 4 % qui parlent. Sans arrière pensée. Enfin. « Sans arrière pensée », je me marre hein. Mais en tout cas tu arrives à en tirer quelque chose de sympathique (il y en a même un qui m’a joué du violon).

Voilà. Riche idée. Me semble avoir entendu que le créateur (Russe donc, mais vraiment je n’en suis pas certaine, j’insiste) voulait en faire un réseau social plus « populaire » que Facebook et Twitter, et il en a fait un baisodrôme inter-galactique.

(Il devrait y mettre de la pub, tiens) (ça ferait parler Gonzague).