août

11

By Bean

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Mon Inception de 2002.

Alors voilà, bonjour l’Internet Mondial.

Depuis hier soir, je suis passée de l’autre côté de la barrière, là où l’herbe n’est pas forcément plus verte, mais où tous les gens ont vu, l’Inception.

(Je tenais bon jusqu’alors, figure-toi qu’à chaque fois qu’on fait un tapage monstre sur un film, ça me démotive complètement. J’ai déjà eu le coup avec Avatar, hein. Bon).

Rapidement, j’ai vraiment, vraiment décollé pendant les 2h20, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas vu de film où je ne me suis pas dit à un moment donné que j’étais dans une salle de cinéma – qu’il faisait froid – qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire de ma soirée du lendemain.

Je ne dirais rien sur le film (tu me connais) par contre je peux dire que j’y décerne le gros haricot d’or de l’année pour la Bande Originale, que je t’invite à écouter, même sans le film autour d’ailleurs, c’est assez agréable (même au réveil, comme présentement).

Tout cela, TOUT CELA (attention, Bean surjoue), m’a fait penser, à ma propre Inception. C’était en 2002, tu sais. A l’époque, tout était bien plus rose à Lille. (Et les cyborgs n’étaient pas encore encrés dans la vie politique Française).
Je manageais une petite équipe dans un boui-boui de Lille. C’était le début du temps printanier, et Pamela, était Cantonnée au service de la salle du haut (le temps trop frais ne permettant pas d’ouvrir la terrasse). Moi je tenais les ficelles entre la salle et la cuisine (avec ce gros con de chef de cuisine qui se plaisait à éprouver psychologiquement toute son équipe, déjà que bon. Niveau Branlitude de l’esprit, tout le monde se posait en vainqueur).

Bref.

Donc Pamela, débaroule les escaliers, et m’annonce que la salle de l’étage est plongée dans un froid glacial. Que les clients s’en plaignent, évidement. (Pour se plaindre, eux, ils sont fortiches). Je monte donc voir comment il est possible qu’il y ait un vent glacial dans une salle close, alors que dehors il fait frisquouille, mais que c’est quand même le Printemps. Tu sais.

J’arrive. Et bon Djeu, mais c’est vrai qu’elle est glacée, cette salle. Mais je sens le courant d’air qui arrive du second étage. Je monte donc un étage de plus, et je vois la petite fenêtre ouverte. Je la ferme, évidement, je retourne en bas, j’entends que le Chef de Cuisine râle encore sur ses crêpes.

5 minutes plus tard, Pamela recommence son cinéma. Je lui raconte comment procéder, par une subtile équation (arrêter de gueuler comme un porcinet + fermer la petite fenêtre = clients contents), mais elle me dit que ce n’est pas si simple.

Je recommence tout, donc. Je monte d’un étage, et je trouve la salle vide. Il ne reste que la vie alimentaire des Lillois sur les tables, tout le monde a disparu. Le froid glacial est toujours présent, l’eau dans les bouteilles laisse une trace givrée sur elles.

Je monte d’un second étage. Devant l’escalier, la petite pièce mansardée, et juste devant, le lavabo, avec sur la mansarde des miroirs jolis. La fenêtre est ouverte.

Je regarde les miroirs jolis, ils sont normaux. Je referme la fenêtre. Et puis je regarde encore les miroirs, plongés dans une atmosphère glacée. J’entends de l’électricité. Qui commence juste par un vrombissement.

Des mains de buée ont apparu, de haut en bas, comme un scanner, sur les miroirs jolis. Au fur et à mesure de l’avancée du scan des mains de buée, le son THX a évolué, un peu comme pour accentuer le côté dramatique.

Écoute un peu (avant de te marrer comme une vache).









J’ai toujours pensé, que ce n’était qu’un cauchemar, vu le réveil brutal qui s’en est suivi. Maintenant JE SAIS. On a imbriqué un rêve dans mon rêve, pour voler ma toupie qui tourne dans le coffre.

(Sinon j’ai eu les yeux tout humides à la fin du film. TU LE DIS PAS HEIN).