juil
25
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Tricotin, n’est pas méchant, mais il aime procurer un sentiment angoissant aux personnes qu’il voit. Sans pour autant aller bien loin.
C’est la dure loi des lochs des Highlands Écossais, quand on a toujours connu la solitude dans son loch, on essaie de trouver des jeux. Il faut bien se distraire. Et Tricotin est assez fort à ce jeu là. Soit il s’invente des histoires rocambolesques sur ce qu’il voit (il peut être assez seul dans son loch, la froideur de l’eau ne favorisant pas vraiment la faune locale) soit il va jusqu’à jouer avec les bestioles qui sont sur le sol vert.
Qui d’un avion qui passe, qui d’un train entre deux montagnes, qui d’un canard qui râle, les sources d’inspirations ne manquent pas pour tromper la solitude de son esprit, qui peut le rendre parfois assez rancunier. Face au bonheur, voire même au bonheur de l’ignorance des gens.
Car bien peu de personnes ont eu le loisir de l’apercevoir, Tricotin. Et même s’il se pense être une bonne patte, il ne peut retenir ce sentiment agressif, qui sort d’on ne sait où. L’instinct animal certainement. L’instinct de la bête. L’instinct du prédateur.
Cela dit, dans ses histoires, il ne trouve jamais de fin. « C’est aussi bien ainsi », se dit-il. Peut-être que quand il serait vieux, il ne ferait que terminer ses histoires. (Il trouve l’idée triste, mais pourquoi pas). En passant ses journées à trainasser dans son loch, ce monstre de Tricotin, faisant la planche, doit bien trouver des solutions pour tromper son ennui.
Accoudé à une racine au bord du Loch, il se rend compte qu’un train passe. C’est le « Tchou-tchou » qui l’attire. Le train se faufilant dans les montagnes, réapparaissant au gré du chemin de fer sinueux, Tricotin se demande où vont les gens. Où peuvent-ils bien aller, alors qu’il est là. C’est pas le monstre du Loch qu’on vient voir normalement ? Même si on ne le trouve pas ? C’est quand même de renommé mondiale !
Puis son oeil rêveur se fixe sur un point brillant plus en hauteur. Cette journée ensoleillée bien agréable lui joue des tours. Et le fin ruisseau d’eau qui s’écoule le long de la falaise le reflète. S’il se concentre suffisamment, il peut arriver à entendre l’eau qui s’écoule contre la paroi de la montagne. Que peut-il bien y avoir en haut, d’où vient l’eau alors qu’il n’a pas plu depuis des jours ? C’est rare en Écosse, au delà d’une journée sans pluie, tout le monde s’affole. « On est tous des superstitieux ici ». « C’est l’eau qui vient du bon Dieu, et puis c’est tout, pas besoin d’y voir des lutins ou d’autres choses en or au bout ».
Quand le train réapparait, il se voit alors sortir de l’eau. Dans sa tête, il s’imagine probablement faire au moins deux fois la taille du train. Il peut se lever s’il le veut, se lever, hurler et enlever le train du chemin de fer, et voir comment les petites bêtes à l’intérieur vont réagir. Il peut le faire, c’est quand même lui le monstre du Loch ! Il parait qu’on dit un peu partout que les petites bêtes veulent le voir. Il se cache d’habitude, il a peur. Mais s’il décide de ne plus avoir peur et d’y aller, il verrait bien. De toutes façons oui, c’est bien lui le plus fort. Sentant l’électricité parcourir son corps, Tricotin se leva de son loch, déterminé comme un pou à ressentir l’adrénaline qui fait la folie, celle qui permet de ne plus laisser la raison le retenir.
Il se lève, et voit. Mais ça ne marche pas.
En guise de Loch, il n’a qu’une flaque. Tricotin n’est qu’un Triton palmé.
Grou